Nous avons été une trentaine de personnes à assister à la conférence de Monsieur Mathieu Laville, maître de conférence à l’université de Caen sur le thème de : « Quand l’apparence ne dit pas tout ».
La conférence portait l’évolution des représentations, terminologies, logiques et stratégies autour du handicap et de l’inclusion sociale et scolaire.
Handicap et représentations
Prises de conscience que la vision du handicap n’est pas perçue de façon linéaire au cours de notre histoire humaine. En effet, l’eugénisme (ambition d’améliorer l’espèce humaine) a toujours existée depuis la nuit des temps et n’a pas toujours était guidée par le progrès. On peut relever son existence à partir du 5 ème siècle, puis dans des « expériences » telle Aktion T4, et la mort de 45 000 malades mentaux en France sous Vichy.
Pour autant, certaines époques ont été aussi marquées par une prise en charge plus humaine du handicap par exemple l’enfant Qafzeh 11, inhumé avec offrandes, témoignant d’une compassion préhistorique.
Une approche sociologique a été présentée autour de la notion de stigmate selon Goffman, différenciant stigmate visible et invisible, avec modes d’ajustement (normalisation, faire semblant, retrait). Cette vision dépend beaucoup du regard porté par l’Autre.
En fonction de sa vision, chaque famille va adopter des stratégies quotidiennes soit de normalisation familiale, de dissimulation ou de retrait social.
Évolution des terminologies
Les terminologies pour définir le handicap ont souvent été liées à une vision médicale : « idiots, déficients, handicapés, en situation de handicap » puis ont évoluées en fonction du handicap qu’elles étaient censées représenter.
La notion administrative du mot « handicap » est créée en 1975.
Il a été présenté une perspectives modernes évoquant aujourd’hui la terminologie d’« Autrement capable » en présentant différents exemples valorisant le savoir faire des personnes.
Il reste néanmoins deux modèles pour appréhender le handicap : médical avec une impossibilité de faire et social qui rend impossible un état de faire par des choix politiques et d’aménagement en incohérence avec la réalité.
Évolution des logiques scolaires
Nous sommes passés d’un système d’exclusion à l’inclusion en passant par des logiques historiques : exclusion (grand renfermement), ségrégation (école spécialisée), puis intégration (adaptation individuelle) et inclusion (société flexible).
Grâce à la loi de 1975 favorisant l’intégration, l’école s’est mise au diapason, mais il faudra attendre les lois de 2005 et 2013 pour promouvoir une société inclusive.
La société inclusive valorise la diversité, avec des dispositifs comme les MDPH et la prise en charge avec des parcours Ulis, et des personnels adaptés.
Les différents types de scolarisation possibles pour les enfants en situation de handicap.

À ce jour, seulement 8 % des enfants en situation de handicap ont accès à une scolarisation, il reste donc une part importante questionnant nos politiques quant à l’accompagnement des autres enfants ainsi que la formation des personnels éducatifs.
